1. Aliénor, reine de France puis reine d’Angleterre

Notre histoire pourrait commencer il y a plus de huit siècle à la cour d’Aliénor d’Aquitaine, à Poitiers.

Petite fille de Guillaume IX, le Troubadour, Aliénor a 15 ans lorsqu’elle est marié à l’héritier du royaume de France, Louis VII. Le mariage à lieu à Bordeaux, le 25 juillet 1137. Quelques jours plus tard, les jeunes époux sont couronnés ducs d’Aquitaine dans la cathédrale Saint-Étienne de Poitiers. En décembre, Aliénor est faite reine de France à Bourges, alors une des principales villes du royaume.

Aliénor est une très belle femme. D’esprit libre, cultivée, elle fait preuve d’une grande force de caractère et d’une humeur enjouée : autant de traits qui lui attirent rapidement des critiques à la cour. Elle n’est peut-être pas l’épouse qui convient à un mari, que les chroniqueurs de l’époque décrivent comme « un homme d’une grande piété et d’une rare douceur envers ses sujets », « un prince intelligent mais dévot et mou ».

Quoi qu’il en soit, le mariage est une bonne affaire pour le domaine royal qui voit sa superficie tripler. Car dans sa dot, Aliénor a apporté la Guyenne, la Gascogne, le Limousin, l’Angoumois, la Saintonge, le Périgord : l’équivalent de 19 départements actuels.


On peut être pieux, comme Louis VII et ne pas approuver toutes les décisions du pape ! En ceXIIe siècle les pouvoirs monarchique et ecclésiastique cherchent encore chacun leur place et leur prérogatives.

Des conflits, parfois violent, éclatent. En 1141, Louis VII refuse la nomination de Pierre de La Châtre comme évêque de Bourges. Avec ses troupes, il lui interdit l’accès de la cité. En représailles le pape prononce la sanction la plus grave pour un chrétien : l’excommunication!

Louis VII va retrouver les  bonnes grâces du pape, en répondant à l’appel de Bernard de Clairvaux : Il part pour la Deuxième Croisade, avec sa femme.

Mais, à Antioche (aujourd'hui Hatay, en Turquie, à la frontière de la Syrie) le couple se déchire. La proximité qu’affiche la reine avec son oncle Raymond de Poitiers entretient la rumeur. Le roi s’en émeut puis s’en agace. En novembre 1149, les deux époux rentrent en France… mais pas sur le même bateau !

Aliénor obtient l’annulation du mariage. Pour Louis c’est une humiliation, pour le royaume de France, c’est un désastre !

Le divorce est prononcé au concile de Beaugency, sous le prétexte d’un lien de consanguinité … au 4ème degré. L’argument est souvent utilisé à  l’époque, mais c’est la première fois qu’il est employé par une femme. 


Retour à Poitiers pour Aliénor. Sur le chemin elle doit affronter deux tentatives d’enlèvements ! Thibault de Blois, comme Geoffroy d’Anjou aimeraient bien mettre la main sur cette femme puissante et séduisante qui possède de vastes territoires. Elle leur échappe. Nouvelles épreuves qui renforce un caractère déjà bien trempée.

Car Aliénor a d’autres plans. Le 18 mai 1152 - huit semaines seulement après l’annulation de son premier mariage -  elle épouse, le jeune et impétueux Henri II Plantagenet à Poitiers. Elle a 30 ans, il en a 19. À eux deux, ils possèdent près de la moitié de la France.

Mais le destin va leur offrir plus encore. Le 19 décembre 1154, profitant d’une situation politique précaire outre-manche et de l’absence d’héritier crédible, Henri, duc de Normandie, conte d’Anjou, du Maine et de Touraine, devient Roi d’Angleterre !

Aliénor sera la seule femme de l’histoire à avoir été reine de France et Reine d’Angleterre.

 

2. Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste, amis et ennemis

Deux personnages de légende vont maintenant faire leur entrée sur scène.

Du côté des Plantagenets, voici Richard Ier d’Angleterre, né en 1157.

Fils d’Henri II, il est élevé à Poitiers à la cour de sa mère, Aliénor. C’est un vrai personnage de roman. Il est dépeint en monarque généreux dans la légende de Robin des Bois ; à l’opposé de son frère, le traitre, le félon, Jean Sans Terre. Joli Cœur, véritable héros à la guerre, c’est aussi un homme cultivé et un poète, qui chantait en langue d’oc. On l’appela Richard Cœur de Lion.

Aujourd’hui encore huit siècles plus tard, c’est toujours le souverain le plus apprécié des anglais. Pourtant il ne résida pas plus de six mois dans l’île et n’en parlait pas la langue ! Mais on disait à l’époque que « personne n’était allé plus loin que lui pour l’ardeur, la magnanimité, la chevalerie et toutes les autres vertus. »


Du côté des Capétiens, descendant d’Hugues Capet : Philippe II. Il a huit ans de moins que Richard Cœur de Lion plus jeune. C’est le fils qu’Henri II a eu avec sa deuxième femme, Adèle de Champagne.

L’histoire lui réserve un tout autre destin que celui de son père. Ses contemporains lui réserveront le titre d’Auguste, Philippe Auguste, comme les empereurs romains !

À 15 ans, son père meurt,  il devient roi. Nous sommes en 1180. Le domaine royal est réduit à son minium, menacé de tous côtés.

Toute sa vie, Philippe Auguste n’aura qu’un objectif : agrandir le royaume de France. Face à la figure chevaleresque de Richard Cœur de Lion, guerrier et troubadour, il incarne l’homme d’État avisé et efficace, grand organisateur, et sur de son autorité…. « Seigneur, je ne suis qu’un homme, mais roi de France est cet homme ! » dira-t-il à la veille de la bataille de Bouvines.


Dès le début de son règne, Philippe cherche à récupérer les possessions du roi d’Angleterre sur le sol français. Habile, il attise la rivalité entre Henri II, souverain vieillissant, et ses fils, qui ont le soutien de leur mère Aliénor.

Dans cette lutte de pouvoir et d’influence, il se lie un temps d’amitié avec Richard. Pour autant, dans la grande tradition féodale, il exige de celui-ci hommage pour ses fiefs du Poitou, qui dépendent encore du royaume de France. Richard diffère de jours en jours et se défile. Philippe passe alors à l’attaque. Et la frontière, c’est le Berry !

C’est ainsi Issoudun ainsi apparaît pour la première fois au cœur de histoire! Nous sommes en mai 1187, parti de Bourges, Philippe Auguste s’empare de Graçay, d’Issoudun et dévaste d’autres forts environnants. Alertés, Henri II et Richard lèvent une grande armée etviennent se poster à Châteauroux. Finalement Ils envoient une ambassade pour négocier.

La paix est signée quelques mois plus tard à Gisors, sous l’égide du pape Grégoire VIII. En échange d’Issoudun et Graçay, Philippe renonce à toute prétention sur Châteauroux.

 

3. La Troisième Croisade

En 1190, les deux rois, à nouveaux alliés partent pour la troisième croisade. Sur le chemin, à Messines, Philippe et Richard confirment  la paix de Gisor.

Le texte de l’époque dit : « Philippe, par la grâce de Dieu, roi des Français. Faisons savoir à tous les hommes, présents et à venir, qu’une paix solide vient d’être établie entre nous et notre ami, notre, fidèle, notre frère, Richard, illustre roi d’Angleterre, qui s’est engagé lui-même par serment à la paix dont voici les clauses ».Le point numéro 8 affirme :  « de son côté, il nous a cédé le fief d’Issoudun et de Gracay. (…)Le tout confirmé de l’autorité de notre sceau, en gage d’une éternelle durée ». L’éternité… ne durera pas longtemps, comme nous ne tarderont pas à le voir !


Sur la terre de Palestine, les croisés se battent contre Saladin et reprennent Saint-Jean-d’Acre. Mais, malade, Philippe rentre à Paris, le 27 décembre 1191. Il entend s’occuper des affaires de son royaume. De son côté, l’intrépide Richard poursuit le combat au côté des  Templiers et de leur Grand Maître Robert de Sablé. Affaiblis, divisés, les Croisés renoncent pourtant devant les portes de Jérusalem.

Le 2 septembre 1192, Richard Cœur de Lion signe une paix avec Saladin. Lors de négociation les deux rois envisagent même un mariage qui fait parler : celui de Jeanne, sœur de Richard, avec Al-Adel, frère de Saladin.

Un mois plus tard, Richard quitte lui aussi la Terre Sainte, inquiet de la situation en Angleterre. 


4. Les tribulations du Roi Richard

C’est alors que va se dérouler un des épisodes les plus rocambolesques de notre histoire ! Richard se sait menacé de tous côtés. Depuis son retour en effet, Philippe Augustelaisse courir des rumeurs malveillantes sur son vassal, le roi d’Angleterre. Philippe de Dreux l’accuse d’être un traitre, d’avoir empoisonné le duc de Bourgogne, d’être un homme singulièrement féroce, expert en ruse et en dissimulation. Il aurait même cherché à livrer le roi de France à Saladin ! Ce sont des calomnies ! Qui visent à noircir la réputation de Richard et à déstabiliser le camp anglais.

Comme dans un roman d’espionnage Richard décide alors de gagner l’Angleterre par des chemins détournés. Il passe par Chypre, puis aborde Corfou. Là il rencontre des pirates d’abord hostiles, avec qui il passe finalement un marché : ils le feront passer discrètement en Yougoslavie, lui, et les plus proches de son entourage. À terre la petite troupe se fait passer pour un groupe de marchands. Ils sont pourtant démasquéssur les terres du comte Mainard de Görz. On envoie un certain Roger d’Argenton, installé sur les bords de l’Adriatique depuis une vingtaine d’année, arrêter Richard.

Il est libéré en 1194, contre le paiement d’une rançon de cent mille marcs d’argent. Une somme astronomique sa mère Aliénor a péniblement rassemblé.


Richard est enfin de retour à Londres. Mais il y reste à peine deux mois. Le 12 mai 1194, il débarque en Normandie accompagné d’Aliénor et de Guillaume le Maréchal, qu’on appellera le meilleur chevalier du monde, pour défendre ses possessions sur le sol français, plus que jamais menacées par Philippe.

À Lisieux, Richard pardonne à son frère Jean Sans Terre, qui a tenté de s’emparer du royaume pendant son absence.«N’ayez crainte Jean, lui dit-il, vous êtes un enfant. Vous avez été en mauvaise garde. Ceux qui vous ont conseillé le paieront

Un épisode dramatique va se jouer près de Blois le 4 juillet 1994. Ce jour là, Richard attaque par surprises les armées françaises. C’est un désastre, Philippe Auguste échappe à la noyade et manque d’être fait prisonnier. Mais les anglais s’emparent de ses chariots dont ceux qui contiennent le trésor royal et les archives.

Une nouvelle trêve est conclue le 1er aout. Comme les précédentes, elle ne fera pas long feu !

En 1195, les deux hommes vont à nouveau se rencontrer autour d’Issoudun...

 

5. Les deux rois poussent leurs pions autour d'Issoudun

Depuis son retour, Richard s’est allié les services d’un certain Mercadier. Cet homme l’accompagnera dorénavant dans toutes ses aventures, jusqu’à la fin. C’est le chef d’une bande de Routiers ou de Cottereaux, comme on appelle alors les mercenaires qui se mettent au service des puissants et ne reculent pas devant l’effusion de sang, le pillage et l’incendie.

En juillet 1195, Mercadier se jette sur Issoudun.

« Il détruisit avec sa troupe un faubourg d’Issoudun en Berry, prit la place et y mit garnison pour le compte du roi d’Angleterre ».

Aussitôt, il entreprend de renforcer les défenses de la ville. Il faut la munir d’un donjon égal en puissance à la grosse Tour de Bourges, édifié par Philippe Auguste sur le modèle de celle du Louvres. On ne sait pas s’il a ordonné la construction de l’édifice où s’il a simplement poursuit les travaux commencé par les français.

Mais ce donjon, c’est la Tour Blanche. À l’époque, elle ne porte pas encore ce nom qui pourtant lui va si bien. C’est simplement la grosse Tour d’Issoudun.

Cette année 1195 est tragique pour le peuple. « La même année, autre calamités ; les pluies inondèrent les campagnes et les grains germèrent en épis avant même qu’on pût en faire la récolte. »

 

6. Où l'on voit apparaître un serpent

En novembre pourtant la trêve expira et la guerre recommença entre les deux rois. Retrouvons notre chroniqueur : « Philippe assembla son armée dans le Berry, près d’Issoudun, où le roi d’Angleterre se trouvait avec son armée. Au moment où de part et d’autre on se disposait bravement au combat, tout à coup,  par un miracle de la puissance divine, qui change quand il lui plaît les conseils des rois et confonds les pensées des peuples, le roi d’Angleterre, contre l’attente générale, déposa les armes et vint dans le camp des français avec une suite peu nombreuse. Là, en présence de tout le monde, il fit hommageau roi Philippe (…) Les deux rois jurèrent, dans le même lieu, le maintien de la paix. »
Cette rencontre avait lieu au lieu dit Les Fontaines, entre Issoudun et Chârost, le 5 décembre 1995. Le 14 janvier, les deux rois se retrouvaient à Gaillon pour signer le nouveau traité de paix.

« Nous voulons vous faire connaître que telles sont les conventions de paix passées entre nous et notre seigneur Philippe, illustre roi de France, entre Issoudun et ChârostPour qu’il y ait une paix stable entre nous et notre seigneur Philippe, roi de France, ledit roi de France nous donne et nous abandonne à nous et nos héritiers, pour toujours, Issoudun et Graçay ».

Si ce traité était toujours valable, Issoudun serait encore une ville anglaise ! 

 

Mais en réalité cette entente ne satisfait aucunes des parties et les combats vont reprendre dès l’été, dans le Berry et en Normandie.

 

7. Mais le Lion meurt bêtement

Sur le terrain les combats sont plutôt favorables à Richard. Surtout, son neveu qu’il avait nommé Duc d’Aquitaine pour lui succéder est devenu empereur germanique. Mais le roi d’Angleterre ne renonce jamais à l’aventure ni à la curiosité. Lorsque le comte de Chalus dans le Limousin découvre un trésor, il en revendique la propriété et part à l’assaut du Château. Mais lors du combat, il est touché par un tir d’arbalète. Le 6 avril, il décède des suites de sa blessure malgré les soins du médecin du fidèle Mercadier, qui est à ses côtés et Alienor, qui a rejoint son fils.

Richard Cœur est mort à 41 ans, dans la force de l’âge et en pleine gloire au cours d’une aventure dérisoire.

Un chroniqueur de son temps écrira « c’est la fourmi qui triomphe du Lion ». Un poète pleurera « Nous sommes tous plongés dans le désespoir, car les barons, les troubadours, les jongleurs ont tout perdu. "

 

8. Jean Sans Terre devient propriétaire (mais ça ne lui réussit pas)

Avec la disparition de Richard, Jean Sans Terre obtient ce qu’il a toujours désiré : le royaume. Mais il reste ce qu’il a toujours été. Violent, sans scrupules et sans grande qualité politique, il gagnera rapidement la haine de tous : barons, moines, évêques, bourgeois et paysans. On l’accuse même d’avoir assassiner son neveu Arthur. Le jeune homme pouvait prétendre au trône, il l’avait emprisonné. Il l’aurait étranglé un soir qu’il était pris de boisson.
Aussi, au mépris de tout les règles médiévales, il ira même jusqu’à enlever Isabelle d’Angoulême pourtant fiancée à un de ses homme, Henri de Lusignan.
On l’appelait Jean Sans Terre car à sa naissance, son père ne lui avait laissé aucun domaine. Il restera dans l’histoire comme un roi sans cœur.

 

9. Et maintenant, une petite princesse espagnole !

Le 22 mai 1200, le Roi Jean signe un traité de paix avec Philippe Auguste. C’est le fameux traité du Goulet, par lequel il se reconnaît le vassal du roi de France en lui faisant de large concessions. Jamais Henri II ou Richard n’aurait accepté une telle humiliation. Philippe Auguste se frotte les mains.

Le traité précise :

«Jean, par la grâce de Dieu, roi d’Angleterre, seigneur d’Irlande, duc de Normandie et d’Aquitaine, comte d’Angers et de Poitiers, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut. Vous saurez que tel est le traité de paix conclu entre notre seigneur Philippe, illustre roi de France, et nous : ...

«Nous garderons à Philippe et à ses héritiers la paix que le roi Richard a faite avec lui, entre

Nous avons donné à Louis, fils du roi de France, pour son mariage avec la fille du roi de Castille, notre nièce le fief d’Issoudun, celui de Graçay et les fiefs de Bourges...».

C’était le destin d’Issoudun de réunir les royaumes de France et d’Angleterre par le mariage d’une princesse Espagnole !

 

10. Blanche comme reine

« La reine blanche comme un lys qui chantait à voix de sirène »

C’est ainsi qu’elle sera évoquée par un des plus grand poète français, François Villon, deux siècles plus tard. Pourtant son entrée en scène s’était faite sur le ton d’un murmure.

La reine Aliénor, vieille dame de 80 ans était allé la chercher elle-même en Espagne et l’avait choisie parmi ses sœurs. Par un curieux retournement de l’histoire, l’ex reine de Francechoisissait donc celle qui devait lui succéder sur ce trône ! Peut-être espérait-elle

Le mariage eut lieu 23 mai 1200 à Port-Mort, dans l’Eure, loin des fastes habituels de la cour. Ce n’était après tout que la confirmation du traité signé la veille ! Ne résistant pas au cliché, le chroniqueur de l’époque Guillaume Le Breton,  décrit Blanche lors de la cérémonie comme une princesse « resplendissante de candeur, de cœur et de parole, ainsi que son nom le signifiait. »

Tournant le dos à ses origines Plantagenêt, Blanche de Castille se montrera fidèle au royaume de France et à son mari. En 1214, lors de la bataille de Bouvines, Philippe et Louis mettent en déroute la coalition formée par Jean Sans Terre. C’est désormais Louis qu’on surnommera Le Lion !

 

11. Mais pas reine d'Angleterre !

Blanche lui apporte son soutien deux ans plus tard lorsqu’il part en expédition outre-manche.

En effet, Louis, revendique l’héritage de l’Angleterre pour sa femme, réalisant peut-être ainsi le rêve secret d’Alienor : réunir les deux royaumes. À Westminster, il reçoit l’hommage des barons mais ne se fait pas couronner. Et malgré les supplications de Blanche, Philippe Auguste rechigne à envoyer des renforts et à se mêler de l’affaire, qui tourne court.
La mort subite de Jean - d’une dysenterie suite à des excès de cidre - met un terme à l’aventure. Débarrassés de ce souverain gênant, les barons couronnent son fils sous le nom d'Henri III. Ils n'ont plus besoin de Louis et de Blanche, qui ne deviendra pas reine d'Angleterre !

12. Et pour finir on montre un Saint !

À la cour, les époux font figure de couple modèle. C’est rare pour l’époque ! « Jamais reine aima autant son seigneur ni tant ses enfant aussi fort » écrira le poète Philippe Mouskes.

Avec elle, les poètes et les jongleurs que Philippe avait chassés sont à nouveau invités.

La France a récupéré la plupart des terres des Plantagenets, lorsque Philippe Auguste s’éteint, le 14 juillet 1123. Louis VIII et sa femme montent sur le trône. Ils ont 36 et 35 ans. Louis VIII combat dans le midi contre les cathares et le comte de Toulouse. Frappé par l’épidémie de dysenterie, il meurt le 8 novembre 1226. Blanche devient alors régente du royaume pendant onze ans, jusqu’à la majorité de son fils, Louis IX, le célèbre Saint-Louis, auquel elle transmettra sa piété et sa sagesse.

On lui prête une idylle avec le comte Thibault de Champagne, qui lui dédia la plupart de ses poésies. Mais rien n’indique que la reine n’ai cédé aux avances du poète. « En vous est ma mort ou ma vie » se plaignait-il  « Dame en qui est tout honneur sage, si le fin amour vous a saisie, ne me rejetez pas pour cela. »

Souvent décrite comme austère et autoritaire, la reine Blanche fait sévèrement réprimer la révolte universitaire de 1229, ce qui lui attirera de nombreuses critiques.

Nul ne sait si Blanche de Castille vint souvent à Issoudun. En 1236, elle y fit construire des halles pour le commerce.  En 1238, elle achète plusieurs maisons.

En 1242, Blanche donne la ville à son fils Saint-Louis. Issoudun devient ville royale. Elle adopte pour blason les trois fleurs de lys, sur un fond bleu. Ce bleu, couleur longtemps méprisé mais qui prend ses lettres de noblesse au Moyen-Âge en devenant la couleur des rois et du royaume de France.

La Tour, elle, reste blanche !