Richard Cœur de Lion

 (1157-1199)
Roi d'Angleterre

Dynastie des Plantagenets

 

 

 Gisant de Richard Cœur de Lion à Fontevraud

Gisant de Richard Cœur de Lion à Fontevraud

 

 Richard a tout pour être le roi-chevalier de légende. Une grande crinière blonde (c’est ainsi qu’on l’imagine), une stature de guerrier, un courage à la limite de l’inconscience (qui lui vaudra sa perte), une âme de poète (c’est aussi un troubadour qui a écrit plusieurs chansons) et surtout,  un destin exceptionnel qu’on croirait tout droit sorti d’un roman de chevalerie.

Aujourd’hui encore c’est le roi le plus populaire d’Angleterre. Il n’a pourtant séjourné sur l’île qu’à deux reprises, et brièvement. En France, il reste un roi très sympathique : en effet, né et éduqué en France, mort en France, écrivant ses poèmes en langue d'oc (l'ancien français du sud), il s’exprimait probablement très mal en anglais (comme la plupart des Français aujourd’hui).

Le petit Richard était le chouchou de sa mère (Aliénor d’Aquitaine, pas n’importe qui). Elle l’a élevé à sa cour de Poitiers, l’a fait duc à 15 ans. Elle ne l’a pas découragé à se battre contre son père, Henri II, même s’il fallait  s’allier avec le roi de France.

En 1190, le pape Gregoire VIII lance la Troisième Croisade. Il estime que cette mission sacrée rachètera les pêchés de tous ces rois, princes et petits seigneurs oisifs et guerroyeurs. Et puis, ça les éloignera quelques temps de ses affaires.

Richard fonce. Au passage, il envahit l’île de Chypre (« désolé les gars, c’est sur mon chemin »). Sur place, il exprime sa fougue et ses talents de tacticien. Le Lion se fait une crinière de roi mais sort parfois ses griffes dégoulinantes de sang, sans raison.

Il étale aussi ses changements d’humeur brutaux et son indécision (le troubadour Bertrand de Born l’avait affublé du sobriquet  « Oc e No », oui et non).

Il se brouille avec ses alliés (dont Philippe Auguste). Après les combats, il parlemente avec ses ennemis.  Il trouve le frère de Saladin, Malik,  plutôt sympa. Il  lui propose sa sœur, Jeanne,  en mariage : pourquoi pas, si ça peut arranger la situation, c’est le style féodal. Il n’a évidement pas demandé l’avis de Jeanne, mais de toute façons, ça ne se fera pas. Trop de gens trouvaient ça un peu « too much ».

Son retour – il est un des derniers à partir – est à peine croyable. C'est une épopée cocasse et dramatique, un film d’aventure un peu kitsch.

Les conditions de navigation en Méditerrannée ne sont pas bonnes. Il se dirige vers Marseille, mais, craignant d’être mal accueilli, rebrousse chemin. Il essuie une tempête. Il en réchappe, débarque sur l’île de Corfou. Là,  il négocie la traversée avec une bande de pirates qui le déposent discrètement en Croatie, avec quelques hommes.

Il poursuit alors sa route en se faisant passer pour un certain "Hugues", simple marchand, Mais il est vite repéré, capturé. Et livré en otage à Henri VI, empereur du Saint Empire Romain Germanique.

Il reste prisonnier pendant deux ans. Ça lui laisse le temps d’écrire une belle chanson.


Écouter  la complainte de Richard sur le site moyenagepassion.com


Pendant ce temps, sa mère, âgée de plus de soixante-dix ans, se démène pour le faire libérer. La rançon atteint une somme astronomique : par trois fois elle lève un impôt spécial en Angleterre pour l’honorer. Elle se rend elle–même en Allemagne avec ce butin pour libérer son fils.

Richard revient en Angleterre en héros, le 13 mars 1194. Mais il ne s’attarde pas. C’est sur le sol français que ça va se passer. Il  doit défendre ses possessions, menacées par Philippe Auguste.

Et c’est ainsi qu’un beau jour de juillet 1195, les deux rois se retrouvent à Issoudun, après que Mercadier ait envahi la ville pour Richard.

On négocie une trêve. Personne n’y croit. D’autres combats ont lieu, d’autres négociations s’échafaudent. Pendant ce temps, Mercadier fait construire la Tour Blanche.

En 1199, une dernière fois, étourdi par le parfum de l’aventure, le grand roi trouve la mort lors d’une expédition dérisoire qui devait l'amener à récupérer un hypothétique trésor. Au château de Chalus près de Limoges (qu'on peut toujours visiter).

Souvent, les héros meurent bêtement (même les lions).

 La mort de Richard Cœur de Lion

La mort de Richard Cœur de Lion

NB : Tout les Anglais  ne sont pas unanimes à propos de Richard. Dans Le Talisman, paru en 1825, Walter Scott, l’inventeur du roman historique, ne retient que son côté brute épaisse. 


Et pour se détendre et apprendre : Richard, la Troisième Croisade et Philippe Auguste dans cette excellente vidéo de la chaine Youtube "Confessions d'Histoire".


Dessin animé : le retour du bon roi Richard, vu par Disney, et un étrange mariage ! Attention, le premier personnage que l'on voit apparaître est le prince Jean !